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L'ITW croisée pro-amateur... Yvon POULIQUEN (GF38) - Pierre DUPUPET (FC Echirolles)

A ma gauche, en DH région Rhônes Alpes, Pierre Dupupet, entraîneur reconnu du FC Echirolles et responsable de la cellule sport et quartiers de la ville de Grenoble. A ma droite, Yvon Pouliquen, qu'on ne présente plus, ancien joueur professionnel et actuel coach du GF38 en Ligue 2. Au milieu, notre ITW croisée qui jette une passerelle entre deux mondes, le foot amateur et le foot pro. Après Baup et Hassaïne (FC Vaulx-en-Velin), Casanova et Larrieu (Saint-Alban), c'est au tour de Pouliquen et de Dupupet (FC Echirolles) d'essayer de resserrer les liens. (Par Johan Cruyff)



Pouliquen : "Il n'y a pas de volonté, des deux côtés, de créer des passerelles entre pros et amateurs. C'est dommage."

A l'image de tout le football régional, Pouliquen s'interroge sur l'avenir du GF38. Et si tout était lié ?
A l'image de tout le football régional, Pouliquen s'interroge sur l'avenir du GF38. Et si tout était lié ?
Messieurs bonjour. Tout d'abord un petit flashback : que retenez-vous de vos carrières de joueur respectives ?
Pierre Dupupet : j'étais un gardien de but de petit format et déjà, en DIV, nous n'étions pas nombreux à ne pas dépasser 1,70 m. Je n'ai jamais évolué plus haut et je n'en éprouve aucun regret particulier car j'ai la sensation d'avoir exploité mes moyens, d'avoir fait avec.
Yvon Pouliquen : elle a débuté dans un petit club de 1ère division de District, en Bretagne, Pleyber-Christ, où j'ai joué jusqu'en minimes deuxième année. J'ai rejoint le Stade Brestois ensuite, en section élite car il n'existait pas de centre de formation, avant de signer pro à 19 ans. Brest n'était qu'à soixante kilomètres de chez moi, le déracinement ne m'a pas traumatisé même si je suis devenu pensionnaire (rires) !

Avez-vous gardez des contacts avec le club de Pleyber-Christ ?
Y.P. : oui, ne serait-ce parce que mes parents y habitent toujours. Même si depuis le temps, je ne connais plus personne au sein du club. Les liens étaient encore forts lorsque je jouais à Brest ou à Laval, mais lorsque je suis parti pour Strasbourg ou Saint-Etienne, ils se sont normalement distendus.

Comment s'est effectuée la transition joueur-entraîneur ou éducateur ?
P.D. : d'autant plus naturellement que j'avais déjà été éducateur très jeune tout en étant encore en activité. J'ai eu mon BE1 à 21 ans et dès 19 ans j'entraînais les copains de mon quartier. D'autre part, j'ai la chance d'exercer une activité professionnelle, animateur sportif dans les quartiers populaires de Grenoble, complémentaire du rôle d'éducateur de football.
Y.P. : j'ai passé mes premiers diplômes à 24 ans parce que je voulais rester dans le football après ma carrière. J'étais attiré par les jeunes et la formation, ce sont les aléas du football pro qui ont fait dévier la trajectoire car c'est en centre de formation, après avoir été adjoint une saison, que j'ai débuté.

Pensez-vous avoir la vocation d'entraîner, d'éduquer ?
P.D. : oui, clairement, et avec beaucoup d'humilité, je pense pouvoir dire que j'ai rapidement eu cette vocation.
Y.P. : oui. J'ai toujours été un joueur qui parlait, qui encadrait, qui s'intéressait aux choses de l'entraînement. Ce n'est pas un hasard si j'ai été capitaine dans pratiquement tous les clubs où j'ai joués. Je parlais énormément, je replaçais les gars, je râlais aussi beaucoup et j'ai toujours eu des rapports privilégiés avec tous mes entraîneurs pour leur poser des questions, les interroger sur leur fonction. Beaucoup me disaient d'ailleurs que je ne pouvais que finir coach !

Dupupet : "Etre entraîneur c'est comme être chef de service, on travaille avec des êtres humains."

M. Dupupet, quel fut votre parcours d'éducateur ?
P.D. : immédiatement après avoir arrêté, j'ai eu la responsabilité de l'équipe réserve du FC Echirolles, étant même entraîneur-joueur pendant une saison. Cette expérience, qui dura cinq saisons, fut très enrichissante car elle m'a permis de prendre conscience du statut si difficile d'entraîneur d'une équipe réserve qui est obligé d'attendre le dernier moment pour former son groupe, qui est dépendant de l'équipe fanion. Depuis, j'attache une grande importance à mes relations avec les coachs des équipes réserves car je suis passé moi aussi par là avant de prendre l'équipe première pendant sept ans en Honneur, en CFA2, en Honneur et de nouveau en CFA2. Pour des raisons personnelles et familiales, parce que je souhaitais soutenir mon fils qui avait intégré le centre de formation d'Auxerre mais dont je sentais les difficultés, j'ai arrêté trois ans.

Pour revenir, toujours dans le même club, au FC Echirolles. Pourquoi cette fidélité ?
P.D. : parce que le facteur humain a toujours été important dans ma démarche. Je me retrouve complètement dans ce que nous faisons ici. Personne n'a de fixes, les trois entraîneurs des trois équipes seniors sont d'anciens joueurs de l'équipe fanion... Ce sont des valeurs que j'ai toujours partagées. Nous nous sentons bien dans ce savoir-faire qui nous appartient, avec des moyens bien moindres qu'ailleurs, mais dans un esprit qui me plaît. De toute façon, j'ai bien été sollicité pour aller dans la région lyonnaise mais je ne me voyais pas faire la route. Le football est une passion mais qui ne doit pas mettre en péril l'équilibre familial et professionnel.

Pierre Dupupet, un humaniste au service du FC Echirolles.
Pierre Dupupet, un humaniste au service du FC Echirolles.
Quels furent vos grandes influences en matière d'entraîneur ?
P.D. : il y d'abord notre environnement le plus proche, les éducateurs qu'on a vu fonctionner. Je pense à Yves Disparti par exemple qui représentait à mes yeux le bon compromis, le juste équilibre entre les compétences football et la pédagogie, le savoir-être. Il y a ensuite le haut niveau que l'on regarde forcément et qui nous inspire parfois. J'apprécie particulièrement un entraîneur comme Jean Fernandez. Sa manière de concevoir le foot et de parler de ses joueurs me va très bien.
Y.P. : lorsque j'étais à Brest, un éducateur avec lequel je suis d'ailleurs toujours en contact m'a beaucoup marqué, Jean Louis Lamour. Ensuite, j'ai eu la chance de côtoyer trois grands entraîneurs qui ont laissé une trace dans le football français : Michel Le Milinaire, Gilbert Gress et Robert Herbin. Le premier, à Laval, issu de l'éducation nationale, était en avance sur son temps, au niveau psychologique surtout. Les deux autres privilégiaient le jeu offensif dans leurs équipes, la volonté d'aller toujours de l'avant. Je me suis construit à travers ces influences-là, forcément...

Aujourd'hui, quel aspect de votre rôle de coach préférez-vous ?
P.D. : le management, le côté relation à l'autre, les contacts avec les joueurs. Etre entraîneur, c'est comme être chef de service : on travaille avec des êtres humains. Ayant des responsabilités à la direction de sports de la Ville de Grenoble, je retrouve des similitudes dans la manière de gérer les hommes. Et je pense que cette double casquette me donne davantage de crédibilité car elle m'a permis, avec le temps, d'améliorer ma capacité à fédérer et à amener les autres vers moi. Dans cette gestion humaine, le foot m'a beaucoup apporté dans mon travail. Et inversement. Mais j'aime surtout me retrouver au milieu du terrain, sentir que les joueurs adhèrent aux séances qu'on leur propose. Un match sans des séances d'entraînement, ça n'a pas de sens, des séances d'entraînement sans match non plus... Comme nous n'avons pas de préparateur physique, j'essaie de m'y intéresser et de proposer des séances ludiques. Comme on se retrouve trois ou quatre fois par semaine, il est important que les joueurs qui sortent du boulot viennent avec plaisir.
Y.P. : le terrain, l'entraînement, le jeu... Le football est quelque chose de merveilleux qui resterait fantastique s'il n'y avait pas de match, mais il manquerait l'adrénaline. Entre les jeunes et les pros, ma fonction a beaucoup évolué, mais le plaisir de voir son équipe jouer comme on l'avait préparée est toujours le même.

Ces moments de grâce là sont-ils nombreux ?
Y.P. : oui, ça arrive, heureusement, mais on est forcément dépendant des joueurs qu'on a, même si on reste responsable de la tactique appliquée par l'équipe. Un entraîneur est de toute manière éternellement insatisfait. Il n'y a que lorsque l'on gagne une compétition, comme ce fut le cas pour moi avec Lorient et Strasbourg en Coupe de France, qu'on arrive à se poser et à apprécier le travail réalisé. Mais là encore, c'est très éphémère car il faut tout de suite se projeter sur le match d'après...

Pouliquen : "Les joueurs ayant des agents dès 15-16 ans, ils en arrivent à les écouter davantage que leur entraîneur."

Quelle est maintenant la partie de votre rôle que vous aimez la moins ?
P.D. : quand les choix de joueurs que vous êtes obligé de faire à un moment donné vous obligent à vous éloigner de l'individu. Lorsque l'on tranche, des choses peuvent se casser avec des gens pour qui on a du respect. Quand les exigences de la compétition prennent le pas sur l'humain, ça me gêne toujours.
Y.P. : ce sont toutes ces discussions que nous avons de plus en plus souvent avec des personnes extérieures au football, l'environnement des joueurs notamment, leurs agents, qui parasitent notre travail. Les joueurs ayant des agents de plus en plus tôt, dès 15-16 ans, ils en arrivent à les écouter davantage que leur entraîneur.

Tactiquement, avez-vous des principes bien arrêtées ?
P.D. : si, à travers le recrutement, on peut adapter son effectif à ses conceptions de jeu au niveau professionnel, au niveau amateur, je pars du principe que l'on doit savoir s'adapter à son effectif car on a forcément moins le choix. A Echirolles, on joue en 4-2-3-1 car j'ai des éléments qui me le permettent. Il serait bien présomptueux de dire que l'on joue comme ça et pas autrement. De toute façon, quels que soient les principes, il faut qu'ils soient partagés par tous les joueurs. L'idée à notre niveau est de donner des principes généraux d'évolution : récupérer le ballon très haut et collectivement, aller le plus vite possible vers l'avant... des basiques d'éducateurs de jeunes. Vous savez, l'an dernier, nous sommes descendus en Honneur pour un but. Au-delà des belles phrases et des grands principes, la réalité du foot, elle est aussi là !
Y.P. : oui, je suis quelqu'un qui aime bien jouer en 4-4-2 avec des profils de joueurs bien particuliers... que je n'ai pas à Grenoble cette saison. Quand j'arrive quelque part, je travaille toujours les mêmes principes de jeu basés sur la volonté de défendre en avançant et de rechercher rapidement une solution vers l'avant, sans balancer pour autant, mais en proscrivant le jeu latéral. J'ai beaucoup évolué depuis mes débuts, parce que le football évolue beaucoup aussi, il faut sans cesse s'adapter. Et le seul trait commun c'est finalement qu'on ne maîtrise pas grand chose (rires) !

Le coach du GF38 avoue consacrer de plus en plus de son temps à faire de la psychologie avec les joueurs...
Le coach du GF38 avoue consacrer de plus en plus de son temps à faire de la psychologie avec les joueurs...
Comment voyez-vous votre avenir dans le football ? M. Dupupet, ne rêvez-vous pas de ne vivre que de ça ?
P.D. : j'ai le BE2 mais j'ai toujours considéré qu'il ne fallait pas tout mélanger, qu'il était dangereux à notre niveau de se prendre pour des pros. Mon ambition est et restera toujours liée à celle de mon club. Chaque match est un objectif qui doit nous amener à évoluer au plus haut niveau possible. Sans trop se la raconter non plus, il faut aussi qu'il y ait une idée de jeu directrice. Voilà... pour le reste, j'ai un métier et je n'ai jamais envisagé ni essayé d'être à 100% dans le football. Ce n'est pas mon but. Par contre, comme je travaille à Grenoble et que ce club est en perpétuel branle-bas de combat depuis quelques saisons, si une opportunité venait à se présenter, et si je pouvais me mettre en disponibilité, je n'hésiterais pas à la saisir. Faire que du foot, ça reste un rêve. Chaque été, nous effectuons un stage de début de saison avec trois entraînements par jour et tous les joueurs disponibles. Pour le passionné que je suis, c'est évidemment un rêve. Vivre ça une année ou plus, pourquoi pas. Mais en l'état actuel des choses, il faudrait qu'il y ait un sacré concours de circonstances ! Et si je n'ai jamais cette possibilité, je ne serais jamais aigri car je sais d'où je viens.
Y.P. : un entraîneur professionnel, hors centre de formation, ne peut fonctionner que sur le court terme. Je crois que la durée de vie moyenne d'un coach dans un club de Ligue 1 ou de Ligue 2 est de un an et demi... On fonctionne sur des périodes de cinq matchs. C'est évidemment frustrant surtout quand on sent que dans ces conditions le travail à accomplir ne pourra pas se faire.

Que pensez-vous des relations entre le foot pro et le foot amateur ?
P.D. : à mon avis la FFF ne fait pas suffisamment pour que le foot amateur profite des retombées du foot pro. Parfois même, ça frôle l'indécence. Localement, ici à Grenoble, à titre personnel et à travers mon job, j'ai pas mal de relations avec les éducateurs du GF38. Nous avons eu de la chance car tous les entraîneurs qui sont passés, Goudet, Bazdarevic, Pouliquen étaient des mecs accessibles et de qualité, compétents, avec qui il était toujours agréable d'échanger. Mais là encore, au delà des clubs et des statuts, pro ou amateur, ce sont les hommes qui font la différence. Car le milieu pro a ses règles qu'il est difficile de transgresser.
Y.P. : j'avais beaucoup de contacts avec le foot amateur lorsque j'étais au centre de formation de Strasbourg. Je m'étais efforcé d'aller au contact des clubs de la région et au fil des ans ce sont eux qui venaient vers nous. Lorsque je suis passé avec les pros j'ai eu moins de temps. Il faut aussi reconnaître qu'il n'y a pas de forte volonté, des deux côtés, de créer des passerelles entre deux mondes différents. Je le regrette et dès que je suis sollicité par le District ou la Ligue, je réponds présent.

Dupupet : " Je ne sais pas si tout le monde, dans le foot amateur, tire dans le même sens. Il faut savoir ce que l'on veut. Il faut être con quand on aime le foot de ne pas avoir envie de revoir l'OM, Lyon ou St-Etienne à Grenoble !"

M. Dupupet, à votre niveau de coach en Honneur, quelles attentes auriez-vous vis à vis de l'élite ?
P.D. : il ne faut pas hésiter à aller solliciter les clubs pros. On hésite trop souvent à le faire et on attend que le premier geste vienne d'en haut en oubliant qu'il s'agit d'entreprises. Pendant ma période d'inactivité, j'ai passé quelques jours au centre de formation de l'AS Saint-Etienne et j'y ai vu des éducateurs qui travaillaient comme nous, qui avaient les mêmes préoccupations, et des relations d'une grande richesse avec leur responsable, Jean-Philippe Primard. Ça désacralise un peu le foot pro car ça nous montre que leur quotidien, sur le terrain, au contact des jeunes joueurs, ressemble au nôtre. Lorsque l'on fait cette démarche, on s'aperçoit en fait que beaucoup de clubs pros sont prêts à aller vers les clubs amateurs.

Que pensez-vous de la situation du GF38, lanterne rouge de Ligue 2, au bord du dépôt de bilan un an après avoir été en Ligue 1 ?
P.D. : je pense que les Japonais ont eu trop vite et de manière trop isolée toutes les responsabilités au sein du club. Avec l'éloignement, la barrière de la langue, l'inexpérience du milieu... J'ai vu des choses inimaginables dans le monde de l'entreprise. Mais il ne faut pas oublier où était le club avant qu'ils arrivent, pas loin du dépôt de bilan également. Ils ont eu tout trop tôt et trop vite et sans aucun compte à rendre à personne puisqu'ils étaient les patrons. J'espère qu'on va bientôt voir le bout du tunnel avec de nouveaux repreneurs sinon il serait catastrophique de voir le club disparaître alors qu'il dispose d'un stade fantastique qui doit permettre de bâtir un solide club de Ligue 2. J'y étais dernièrement face à Sedan. Ce grand stade avec ces quelques 5000 spectateurs seulement, ça fait désordre. Face à ce constat et à cette situation, je ne sais pas si tout le monde, dans le foot amateur notamment, tire dans le même sens. A moment donné, il faut savoir ce que l'on veut. Il faut être con, quand on aime le football, de ne pas avoir envie de revoir l'OM, le PSG, Lyon ou Saint-Etienne ! Car le GF38 en Ligue 1, ça tire tout le foot de la région vers le haut.

M. Pouliquen, savez-vous à quel niveau évolue le FC Echirolles ?
Y.P. : il y a quatre ans, lors de mon premier passage à Grenoble, ils étaient en CFA2... Depuis, vous m'apprenez qu'ils sont en Honneur, mais je n'ai pas le temps d'aller voir des matchs de ce niveau autres que ceux du GF38. Mais je suis quand même les résultats des clubs de la région.

L'ITW croisée pro-amateur... Yvon POULIQUEN (GF38) - Pierre DUPUPET (FC Echirolles)
M. Dupupet, une question à poser à Yvon Pouliquen ?
P.D. : j'aimerais vous demander pourquoi vous avez accepté de revenir alors que vous saviez avoir un groupe composé d'un tiers de jeunes joueurs qui étaient descendus en CFA2 la saison dernière. C'est une décision courageuse mais j'aimerais que vous me l'expliquiez plus en détail.
Y.P. : je suis revenu d'abord parce que j'avais beaucoup aimé mon premier passage ici où j'avais vécu une saison merveilleuse avec les joueurs de l'époque. J'ai voulu revenir aussi parce que je savais qu'il y avait un groupe de jeunes joueurs prometteurs. J'imaginais que ça allait être difficile... mais sans penser que ce le serait autant, effectivement. Mais voir progresser cette génération me titillait vraiment.

Parvenez-vous à faire abstraction de la situation plus que difficile du GF38 en ce début d'année ?
Y.P. : c'est ce que je répète en permanence à mes joueurs. Malgré tout, n'oubliez pas que nous sommes des privilégiés. Pendant qu'au-dessus de nous, des gens cherchent des solutions, des repreneurs et de l'argent, nous avons la chance d'être payés sans aucun problème tous les mois. Notre rôle à nous reste sur le terrain, avoir les meilleurs résultats possibles, continuer à travailler pour progresser. Et il y a quand même plus difficile que de jouer au football tous les jours.

Pensez-vous que les clubs amateurs de la région ont une bonne image du GF38 ?
Y.P. : elle se détériore avec les mauvais résultats. Avec l'arrivée des Japonais, on a beaucoup parlé d'identité du club. Mais c'est un faux problème car on n'en parle que lorsque les résultats ne sont pas bons. L'évoque-t-on à Arsenal alors que 95% de l'effectif, staff compris, est composé d'étrangers ? Il y a quatre ans, j'avais quitté un club qui montait en puissance. J'ai retrouvé un club qui, mis à part son stade, n'a pas du tout progressé...

Pour conclure, avez-vous une question à poser à M. Dupupet ?
Y.P. : j'aimerais savoir si vous passez autant de temps que moi à faire de la psychologie avec les joueurs. Aujourd'hui l'entraînement à proprement parler ne représente que 30 à 40% de mon métier. Est-ce la même chose au niveau amateur ?
P.D. : j'y passe beaucoup de temps aussi, mais c'est aussi lié à la composition de nos staffs. Quand vous avez des adjoints, des préparateurs physiques, ils peuvent prendre le relais. Moi, je fais tout tout seul. Les mentalités ont tout de même beaucoup évolué et j'imagine le profil des professionnels certainement de plus en plus immature donc nécessitant davantage d'interventions. Au niveau amateur, l'aspect psychologique et humain a toujours été au cœur du débat. On n'est pas dans une relation employeur-employé, les relations humaines sont incontournables. Sans elles, ça ne fonctionne pas. Je pense surtout que nous ne sommes pas confrontés à la même problématique.

Propos recueillis par J.C.

L'ITW croisée pro-amateur... Yvon POULIQUEN (GF38) - Pierre DUPUPET (FC Echirolles)
PIERRE DUPUPET
Né le 10 août 1962 à Grenoble
Parcours :
Joueur : Norcap Grenoble, FC Jojo Grenoble, FC Grenoble, FC Echirolles
Entraîneur : Echirolles, réserve (1992-97), Echirolles, DH-CFA2 (1997-2001), Echirolles (depuis 2004)
Diplôme : BE2
Profession : responsable de la cellule sport et quartiers de la ville de Grenoble

L'ITW croisée pro-amateur... Yvon POULIQUEN (GF38) - Pierre DUPUPET (FC Echirolles)
YVON POULIQUEN
Né le 17 octobre 1962 à Morlaix (Finistère)
Parcours
Joueur : Brest Armorique FC (1977-87), Stade lavallois (1987-89), AS Saint-Étienne (1989-91), RC Strasbourg (1991-96), AS Mundolsheim (1997-99)
Palmarès : finaliste de la Coupe de France en 1995
Entraîneur : RC Strasbourg (nov. 2000-2001), FC Lorient (janvier 2002-2004), EA Guingamp (2004-05), Grenoble (2006-07), Metz (janvier 2008-avril 2010), Grenoble Foot 38 (depuis septembre 2010).
Palmarès ; vainqueur de la Coupe de France en 2001 et 2002, finaliste de la Coupe de la Ligue en 2002.

L'ITW croisée pro-amateur... Yvon POULIQUEN (GF38) - Pierre DUPUPET (FC Echirolles)

L'ITW croisée pro-amateur... Yvon POULIQUEN (GF38) - Pierre DUPUPET (FC Echirolles)


Samedi 22 Janvier 2011

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