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Jean Marc GUILLOU : "Le football d'aujourd'hui est mal régulé, mal arbitré, mal perçu..."

Les années 70 ne furent pas les meilleures du football français. Un regret éternel pour tous ceux qui considèrent que Jean Marc Guillou fut un de ses joueurs les plus talentueux. A défaut de remporter des titres, l'ancien meneur de jeu du SCO Angers et de l'OGC Nice s'est rapidement mué en entraîneur novateur, en éducateur hors pair, en formateur visionnaire. A Abidjan d'abord, dans le cadre de l'ASEC, dans ses huit académies (1) aujourd'hui qui distillent aux quatre coins de la planète une approche séduisante du football. A 65 ans, Guillou a gardé intacte ses capacités de révolte et de conviction. De passage en France, il profite des sites Footengo pour défendre sa conception de la formation et du football et lancer quelques piques à son ancien coéquipier... Michel Platini ! (par Johan Cruyff)



"Beaucoup de bons jeunes à 9-10 ans disparaissent ensuite car ils ne sont pas bien encadrés..."

Jean Marc Guillou est à la tête de huit académies dans huit pays différents.
Jean Marc Guillou est à la tête de huit académies dans huit pays différents.
Monsieur Guillou, votre dernière expérience en France remonte à presque vingt ans. Est-ce parce que vous ne vous retrouvez plus dans les valeurs véhiculées par les clubs professionnels français ?
Non, pas tout à fait. Disons que je ne me sentais plus à l'aise et je n'avais plus envie d'avoir des fonctions dans un club. A un moment donné, j'ai préféré me tourner définitivement vers la formation. J'ai quand même été entraîneur et même président, à Mulhouse, à Cannes, en Suisse également. Et j'ai pu m'apercevoir que dans le travail des coachs, il fallait exceller dans le faire savoir plutôt que dans le savoir faire.

Les coachs sont de plus en plus obligés d'être de grands communicants !
Je ne sais pas s'il faut être un grand communicant mais en tout cas je constate qu'il suffit d'avoir été un joueur international, ou d'être à la mode, pour qu'on communique beaucoup sur vous. Attention, je ne dis pas que tous les entraîneurs dont on parle beaucoup dans les journaux sont incompétents. Même si je les connais peu, j'apprécie par exemple beaucoup le travail réalisé par Christian Gourcuff à Lorient ou Rudy Garcia à Lille... Ils me paraissent promouvoir les idées que j'aime.

Depuis que vous avez arrêté votre carrière de joueur, votre parcours est un peu atypique, votre approche de la formation également...
(il coupe) Je crois être moins atypique que tous ceux qui n'appréhendent pas la formation de la même manière.

Que reprochez-vous à la formation faite dans les clubs pros en France ?
En France ou ailleurs, le problème est le même. Je pense qu'il y a trop de centres de formation alors que seuls les meilleurs talents devraient y être pour s'y valoriser davantage et ne pas se perdre dans la masse. Si vous mettez ensemble les meilleurs, ils vont forcément progresser davantage. Même si, avec l'introduction de la préformation, les clubs ont corrigé un peu le tir, j'ai également toujours pensé qu'on prenait les enfants trop tard. Longtemps, j'ai entendu ce dogme comme quoi on ne devait pas faire de formation avant 15 ans. Un paradoxe énorme alors qu'il est acquis que c'est entre 10 et 15 ans que les jeunes apprennent le plus et le mieux. Depuis l'introduction de ce qu'ils appellent la préformation, les résultats ont montré que ce dogme était absurde. Mais en matière de transferts, la manière avec laquelle on rétribue les clubs formateurs, sur le principe de la solidarité, avec des primes doubles sur la période 15-20 par rapport à la période 10-15 ans, montre que le problème reste entier.

"Chez nous, entre 10 et 14 ans, les jeunes jouent pieds nus..."

Comment définiriez-vous votre philosophie ?
C'est un vaste sujet qui nécessiterait davantage qu'une interview... Pour résumer, je dirais qu'on accorde beaucoup d'importance à la transmission de certaines valeurs d'honnêteté, de générosité et de travail... même si au bout du compte le talent est souvent décisif. La méthode tend à permettre au joueur de travailler dans les meilleures conditions, de lui permettre d'économiser son énergie pour la mettre au service du jeu. Un exemple; entre 10 et 14 ans, nos jeunes jouent pieds nus car on estime que c'est la meilleure façon pour eux d'appréhender le ballon, de le sentir. Si c'est à cause de ça qu'on nous qualifie d'atypique, je n'ai pas peur de dire que tous ceux qui ne sont pas atypiques ne sont pas dans le vrai. Dans l'histoire du football, il suffit de regarder d'où viennent les meilleurs joueurs, du Brésil, d'Afrique, d'Amérique du sud... où le football se pratique dans le sable. Avant que les formateurs s'emparent de la formation et la mettent dans un carcans, le football sauvage proposait dans son état brut bien plus de possibilité de progresser et de se perfectionner techniquement. Le foot de rue n'existe plus en Europe. On voit beaucoup de bons jeunes à 9-10 ans qui disparaissent ensuite car ils ne sont pas bien encadrés. Quand on devrait leur permettre d'être au contact des meilleurs formateurs, c'est l'inverse qui se passe. Trop souvent, plus la catégorie est basse, moins l'éducateur est compétent et copie sa façon de faire avec ce qu'il voit à la télé et qui est rarement le meilleur, qui n'est en tout cas pas adapté à des enfants. Comme chez les pros, on rejette par exemple trop souvent la défaite alors qu'elle devrait au contraire faire partie de l'apprentissage et de la formation.

C'est à Beveren, en Belgique, que l'ancien joueur du SCO Angers avait posé ses valises au début des années 2000.
C'est à Beveren, en Belgique, que l'ancien joueur du SCO Angers avait posé ses valises au début des années 2000.
Pourquoi ne pas mettre vos compétences et votre expérience au service d'un club ou d'une institution scolaire en France ?
Ce n'est pas évident de faire ça dans le cadre d'un club car ça coûte de l'argent... Quant à intégrer l'éducation nationale, cela reviendrait à dire risquer de se faire manger par le mammouth. Mais je suis assez proche dans mes convictions de ce qui a pu se faire à Nantes à une certaine époque. D'ailleurs, lorsque j'étais président de Mulhouse, j'avais sollicité Jean-Claude Suaudeau pour qu'il me rejoigne. Il avait préféré rester à Nantes. Je ne reviendrai plus maintenant mais si j'avais du le faire, ç'aurait été comme président puisque dans l'organisation des clubs français, c'est lui qui prend les décisions les plus importantes.

Le travail effectué avec les jeunes au Barça est-il aussi un exemple pour vous ?
Le Barça est actuellement l'équipe qui joue le mieux. Mais ils n'ont pas le monopole dans ce qu'ils font avec le ballon, dans leur volonté de jouer. De notre côté, il y a longtemps qu'on joue comme ça et à part des exceptions comme Messi, je pense qu'il y a plus de bons joueurs qu'on le croit un peu partout qui seraient capables de produire ce type de jeu. Mais encore faut-il savoir les repérer et les mettre en situation. Des Iniesta, des Xavi... ça peut se trouver.

Vous avez monté votre première académie, à Abidjan, il y a 17 ans. Avec le recul, quel regard portez-vous sur votre travail ? A-t-il évolué ?
On évolue toujours. Mais au bout d'un an, en 1994, j'ai su que je finirai là dedans car je me suis tout de suite senti bien au milieu des gamins et les résultats ont rapidement été au delà de mes espérances. Je n'attache pas trop d'importance aux chiffres et je considère que le présent est toujours plus important que le passé, mais je crois bien qu'entre 70% et 80% des gamins que nous avons formés ont réussi à bien vivre du football de manière professionnelle ou semi-professionnelle. Nous leur avons apporté une réelle valorisation sociale et humaine. On a changé la vie de la plupart d'entre eux. Un ou deux ans après, lorsqu'on regarde les premières photos, on constate que les regards ne sont pas les mêmes. Les yeux des enfants ne sont plus baissés en permanence car ils ont acquis des valeurs, une volonté, une dignité et des perspectives nouvelles.

Finalement, pour avoir des résultats, n'est-ce pas plus facile de s'adresser à des populations qui manquent de tout, même de l'essentiel ?
Les bons joueurs de foot sont souvent issues de familles modestes. C'est vrai en Europe, c'est vrai en Afrique où le curseur de la pauvreté n'est pas au même niveau.

"Platini qui refuse d'introduire la vidéo et préfère placer cinq arbitres sur le terrain. C'est guignolesque !"

Actuellement, la DTN est en train de revoir ses grands principes de formation. Responsabiliser les joueurs à travers une approche différente de l'entraînement est un des axes forts. Qu'en pensez-vous
Je ne connais pas en détail les changements que vous évoquez mais le principe me paraît aller dans le bon sens. Il est toujours intéressant de responsabiliser les enfants mais tout aussi important d'assumer ses choix et de les défendre. Je dis souvent aux gamins qu'ils peuvent tout remettre en cause, même ce qu'on leur dit, à condition qu'ils aient des arguments à présenter. Souvent, au début, ils n'ont pas envie de se positionner de cette façon mais en grandissant on s'aperçoit qu'ils échangent davantage. C'est le début de la prise de responsabilité. J'ai toujours considéré qu'on n'était pas là pour les former mais pour leur permettre de révéler vraiment ce qu'ils sont.

Entraîneur, êtes-vous resté fidèle au joueur que vous étiez et quels entraîneurs vous ont le plus influencé ?
Je pense être resté fidèle au joueur que j'étais. Pour les entraîneurs, beaucoup m'ont marqué, même les mauvais. Ils m'ont servi au moins à savoir ce que je ne voulais pas faire. Il y eut Leduc, Batteux, Vasovic et Hidalgo avec l'équipe de France même si je l'ai forcément moins côtoyé. Après Kovacs, qui faisait aussi des choses intéressantes, Hidalgo était dans une bonne lignée d'entraîneurs et j'aurais aimé le voir dans un club... même si je pense qu'il lui aurait été plus difficile d'imposer ses idées sur le jeu.

Si on vous dit que votre carrière, bien que riche, ne fut pas à la hauteur de votre talent, vous adhérez ?
Ma carrière fut ce qu'elle fut et je n'ai pas mérité autre chose. Vous ne m'entraînerez pas vers ce chemin là... Les regrets sont pour les gens pour qui le passé a été plus fort que le présent. Ce n'est pas mon cas car mon présent n'est pas si mal que ça. Je peux juste dire que j'aurais pu faire les choses différemment.

Et votre avenir ?
Il sera forcément au service du football, un sport qui m'a beaucoup apporté. A travers ce que je fais aujourd'hui, je sers à la fois le football et les jeunes et une conception du football et du jeu qui me parait noble. J'ai aussi conservé une certaine capacité de révolte, ce qui me paraît plutôt sain dans un milieu très critiquable.

En 1975, avec l'OGC Nice, il était élu meilleur joueur de D1, Robert Herbin meilleur entraîneur.
En 1975, avec l'OGC Nice, il était élu meilleur joueur de D1, Robert Herbin meilleur entraîneur.
Qu'est-ce qui vous révolte en ce moment ?
Il y en a tellement, des règles sur les transferts à l'arbitrage en passant par le système des points attribués en championnat...

Commençons par l'arbitrage...
Je trouve aberrante la position de Platini qui refuse d'introduire la vidéo et préfère placer cinq arbitres sur le terrain. C'est guignolesque ! On ne peut pas en même temps prétendre lutter contre la corruption comme il le déclare à raison et ajouter des arbitres au menu qui sont, tout le monde le sait, les maillons faibles du système et ceux qui sont les plus... influençables ! Rien ne pourra mieux lutter contre la corruption qu'un arbitrage incontestable effectué par des arbitres qui seraient nommés au dernier moment et qui seraient devant leur écran pour valider toutes les décisions de leurs deux collègues sur le terrain. Que Platini en soit encore à introduire des solutions aussi bâtardes que ces deux arbitres qui sont derrière la ligne de but et qui ne servent à rien est pathétique. De qui se moque-ton ?

Platini vient d'être réélu à la présidence de l'UEFA, vous en semblez pas être un de ses supporters ?
J'ai joué avec lui et j'ai beaucoup aimé. J'ai essayé de l'appeler une fois et on m'a dit que je devais faire un courrier d'abord... Dans le lot, il fait quand même partie des meilleurs. Je n'ai rien contre Platini et je lui concède de vouloir essayer de changer les choses, de prendre des décisions. Par rapport à ses prédécesseurs, il a au moins le mérite d'être plus jeune, de savoir de quoi il parle mais on ne lutte pas contre la corruption en ajoutant au système des éléments supplémentaires de risques. Je sais de quoi je parle. En Afrique, en Amérique du Sud, en Asie, en Europe de l'est, tout le monde sait que les arbitres sont "influencés" et avec l'arrivée des paris en ligne, je ne vois pas par quel miracle ils ne le seraient pas en Europe. De plus en plus de mafieux rodent autour des clubs et profitent du principal point faible du football : l'arbitrage.

Platini ne serait pas conscient de ces réalités ?
L'inertie arrange tous ceux qui sont en place et qui ne veulent pas risquer de perdre leur position. La place est tellement bonne et difficile à obtenir qu'une fois qu'ils y sont, les dirigeants de nos institutions sont prêts à tout pour y rester surtout de conserver leur équilibre !

"Pour le foot amateur, le foot pro deviendra vraiment intéressant le jour où il sera irréprochable et régulé."

Platini a peur de déshumaniser le football avec la vidéo, d'introduire un football à plusieurs vitesse...
Parce que vous pensez qu'aujourd'hui il n'y a qu'un football ? Soyons sérieux, il en existe des dizaines et même au niveau professionnel selon la taille des budgets des clubs vous ne participez pas au même championnat ! La vraie raison n'est pas là. Le problème c'est que si le système change, les instances n'auraient plus la main sur la nomination des arbitres. Or, ils ont encore intérêt à ce que la parole et les décisions de l'arbitre ne soient jamais remises en cause. On ne parle pas de football là mais de politique. Et Platini, comme les autres, fait de la politique. On ne devient pas président de l'UEFA en parlant uniquement de football.

Vous n'avez pas une vision très optimiste de la situation ?
Je pense être réaliste et objectif et ma capacité d'indignation me permet de rester jeune (rires) ! Je pars du principe qu'à partir du moment où les gens peuvent tricher sans être sanctionnés, ils trichent. La nature humaine est ainsi faite. Un exemple : en Afrique, toutes les compétitions de jeunes sont pipées car les pays trichent sur l'âge des joueurs. Et est-ce que ça change ? Non. Le problème est identique ailleurs et en Europe également. Le problème de la DNCG européenne est le même. Penser que l'UEFA va pouvoir sanctionner les grands clubs détenus par des oligarques russes ou des capitaux américains, des milliardaires, est utopique. Le fair play financier est une belle idée mais impossible à mettre en place.

Guillou est un proche d'Arsène Wenger à qui il recommande régulièrement ses meilleurs éléments.
Guillou est un proche d'Arsène Wenger à qui il recommande régulièrement ses meilleurs éléments.
Et le système des points attribués, comment feriez-vous les choses ?
Je mettrais en place les bonus et les malus avec un point de plus pour l'équipe qui gagne par trois buts d'écart et un de moins à celle qui perd par trois buts d'écart. Dans les années 70, le bonus avait été mis en place mais sans le malus donc l'équipe qui perdait largement n'avait aucun intérêt mathématique à continuer à se battre. Avec un bonus et un malus, je peux vous dire que les enjeux seraient différents et la volonté d'aller de l'avant supérieure. Toutes nos compétitions sont organisées comme ça et ça marche.

L'image du football professionnel n'a jamais été aussi mauvaise dans l'esprit du public. Est-ce logique selon vous ?
Le football est mal arbitré, mal régulé, mal perçu et permet encore, et de plus en plus, à des gens peu recommandables de prendre le contrôle de clubs ou de s'immiscer dans le milieu. Sepp Blatter n'est pas content quand un Russe ou un Qatari rachète un club mais la nationalité est moins le problème que l'origine de l'argent qui sert à alimenter la machine. En France, un homme comme Bernard Tapie a démontré qu'il ne méritait pas d'avoir un club et pourtant il est revenu aux affaires. Et que dire de Jean-Pierre Bernès qui est aujourd'hui l'un des agents les plus influents du milieu quand bien même il ne devrait pas avoir le droit d'exercer ! Tout ça prouve que les gens qui dirigent notre football ne sont pas compétents et servent moins la cause du football que leurs intérêts personnels ou ceux de leurs amis. Il faudrait remettre les valeurs au centre du débat et transmettre des messages de rigueur.

Dans ce contexte le foot pro joue-t-il son rôle vis à vis du foot amateur ?
Au delà des enjeux financiers, il le jouerait s'il montrait l'exemple. Or, ce n'est pas le cas car on retrouve au plus beau niveau les mêmes comportements répréhensibles que chez les pros, les mêmes mauvaises habitudes des joueurs mais aussi des dirigeants. Il n'y a pas meilleure méthode que de montrer l'exemple. Pour le foot amateur, le foot pro deviendra vraiment intéressant le jour où il sera irréprochable et régulé. En attendant, on peut toujours créer des passerelles entre les deux mondes, j'en avais institué lorsque j'étais président de Mulhouse, avec des joueurs qui allaient intervenir dans les petits clubs... mais ils ne le font jamais naturellement. Parce qu'ils n'y sont pas préparés dans leur parcours. Mais lorsqu'un joueur a gardé de bons souvenirs de sa formation, il revient toujours avec plaisir. On le constate régulièrement dans nos académies. C'est une question... de formation.

propos recueillis par J.C.

(1) Les académies Jean Marc Guillou sont présentes en Algérie, en Belgique, en Thaïlande, au Vietnam, au Mali, en Egypte, à Madagascar, au Ghana qui ont sorti quelques pros tels Koné, Gervinho, Dindane, Tiéné, Touré, Zokora, Kalou ou Yapi Yapo.

Jean Marc GUILLOU : "Le football d'aujourd'hui est mal régulé, mal arbitré, mal perçu..."
JEAN MARC GUILLOU
Né le 20 décembre 1945 à Bouaye
Parcours
Joueur : Sporting Club Nazairien (1958-66), SCO Angers (1966-75), OGC Nice (1975-79), Neuchâtel Xamax (1979-81), FC Mulhouse (1981-83), AS Cannes (1983-84).
Palmarès : 19 sélections en équipe de France (3 buts).
Entraîneur : AS Cannes (1983-85), Servette FC (1985-86), ASEC Mimosas (1993-2000), Côte d’Ivoire (1999-2000), KSK Beveren (2001-02).
Pour consulter le site de l'académie JMG de Belgique


Samedi 26 Mars 2011

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