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Christophe BOUCHET : "Pourquoi je veux être président de la FFF..."

Homme de médias, devenu homme d'influences au gré de ses expériences successives à la tête de l'OM ou de Sportfive, Christophe Bouchet part à la conquête de la présidence de la FFF dont les élections auront lieu le 15 décembre prochain. Avant de révéler la liste avec laquelle il va faire campagne, le Tourangeau a tenu à s'adresser à tous le lecteurs des sites Footengo pour expliquer la nature de son engagement, l'ambition qui est la sienne, les grandes lignes de son programme.* (par Johan Cruyff)



Le candidat centriste aux dernières législatives se veut... rassembleur.
Le candidat centriste aux dernières législatives se veut... rassembleur.
M. Bouchet, qu'est-ce qui motive votre décision de vous présenter à la présidence de la FFF ?
Je me présente parce que tous les clignotants du football français sont au rouge. Parce que je ne vois aucune réaction significative face au nombre de licenciés et de clubs qui ne cessent de baisser, face à la grave crise identitaire que nous traversons. Les dirigeants du football français font le dos rond et se contentent de dire que de toute façon le football existe et existera toujours, n'hésitant pas à renvoyer la faute sur les autres, les médias notamment. Or, je pense que la crise est beaucoup plus profonde que ça.

Généralement, les candidats sont issus du sérail... pas vous !
Je ne suis pas d'accord. Certes, la réforme (mise en place par Fernand Duchaussoy) me permet de me présenter et de rendre mon élection possible, ce qui n'aurait pas été envisageable il y a deux ans de cela, mais je n'arrive pas de nulle part. Outre mon expérience dans le foot professionnel à l'OM, le plus grand club de France et chez Sportfive, je suis membre de la commission des incivilités et celle des partenariats au district d'Indre et Loire. C'est effectivement un immense défi mais, sans prétention, je pense que mon parcours me donne l'avantage sur beaucoup d'autres. Le football, je le connais sous toutes ses facettes. Il n'y a guère que le rôle d'arbitre que je n'ai pas pratiqué. Cela me donne quelques atouts.

"Oh, les gars, si on continue à perdre des licenciés et des clubs, où allez-vous chercher les futurs Zidane, Ribéry et Lizarazu ?"

Quelles doivent être les qualités d'un bon président de FFF ?
Il doit avoir des qualités de rassemblement et d'écoute, considérer que le foot ne fait qu'un, qu'il n'est pas divisé en chapelles mais bien uni. Il doit considérer que du club de quartier ou de village à la finale de la Coupe du Monde, c'est du même football dont on parle. Il faut qu'il soit capable de restaurer, maillon par maillon, cette chaîne qui a été rompue depuis longtemps à plein d'endroits. Fort de la richesse et de l'explosion médiatique et financière qui fut la sienne depuis une vingtaine d'années, depuis 1998, le football n'a plus fait attention à ce qui se passait à côté de lui. C'est certainement humain, mais ses dirigeants ont considéré que dans la mesure où de plus en plus d'argent entrait dans les caisses, il n'était pas indispensable de se remettre en cause, pas indispensable de savoir où on allait, d'avoir une véritable vision. On a l'impression aujourd'hui d'avoir un attelage composé de plusieurs remorques sans savoir où est la locomotive. Et là, on a tout faux car le football ne devrait être qu'un seul et même véhicule.

N'avez-vous pas constaté quelques changements depuis le fiasco de la Coupe du monde 2006 en Afrique du Sud et la crise qui a suivi ?
Il n'y a eu aucun changement sinon cette réforme effectuée par Fernand Duchaussoy. Je dirais même que la situation est encore pire -après un Euro 2012 de bien mauvaise facture-, car le président Le Graët souhaite notamment réduire l'influence de la Ligue du Football Amateur (LFA), voire même la faire disparaître. Pour des raisons qui lui appartiennent, il n'en veut plus. Je m'oppose à cette disparition car je considère que pour bien avancer, il vaut mieux avoir deux jambes en bonne santé. On ne va pas loin avec une seule jambe...

On évoque encore les affaires du football en mettant en opposition pros et amateurs. Ne peut-on pas trouver une troisième voie qui permettrait de rendre ces deux réalités complémentaires ?
Elles sont plus que complémentaires, elles sont dépendantes l'une de l'autre. Le problème c'est qu'elles n'en ont pas suffisamment conscience. J'ai envie de dire à tous les présidents de clubs pros qui ne s'intéressent pas au foot amateur : "Oh, les gars, si on continue à perdre des licenciés et des clubs, où allez-vous chercher les futurs Zidane, Ribéry et Lizarazu ?" Mais il est difficile d'expliquer ça à des gens qui baignent dans le jus émollient de l'après 1998.

Le costume de président de la FFF ne fait pas peur à l'ancien patron de l'OM.
Le costume de président de la FFF ne fait pas peur à l'ancien patron de l'OM.
Avez-vous une liste, un programme précis ?
Je suis en train de travailler sur la constitution d'une liste qui nous permettra de commencer à affiner le projet que j'ai en tête. Sans entrer dans les détails encore, il tient en quelques mots, quelques grandes orientations. Il faut restaurer l'envie d'être ensemble tout bêtement. C'est pas compliqué ! Quand on parle de football français on parle de clubs, de ligues, de districts, de l'équipe de France, de la Fédé... on a l'impression que c'est une usine à gaz alors qu'en fait tous pratiquent le même sport et chacun doit avoir un intérêt pas seulement social mais aussi économique à ce que l'autre se porte bien. Je vous donne un exemple que je connais bien. Le district d'Indre et Loire compte 17 000 licenciés... et il n'y a que 4 000 spectateurs de moyenne au stade de la Vallée du Cher à Tours en Ligue 2. Et le problème est le même ailleurs. Il n'est pas normal qu'à Toulouse, capitale d'une des plus grosses ligues de France, le Stadium sonne creux aussi souvent.

Pourquoi un Olivier Sadran vous écouterait-il alors qu'il a dans son entourage des gens qui tentent, en vain, de le convaincre de s'intéresser davantage à son environnement footballistique le plus proche ?
Je connais bien le président du TFC pour avoir travaillé avec lui. Il faut lui donner les éléments pour qu'il comprenne les enjeux et l'intérêt qui est le sien. Il n'est pas plus idiot qu'un autre... il est simplement très pragmatique.

Vous vous préparez donc à tenir un discours différent aux présidents des clubs de L1 et de L2 ?
Oui, et je pense pouvoir les convaincre, leur faire prendre conscience de l'importance de faire marcher ensemble le coeur et les poumons de notre football. Et croyez-moi, si je vous dis ça c'est que je suis convaincu d'y arriver car je ne suis pas de nature angélique.

Lorsque vous étiez président de l'OM, qu'avez-vous fait pour le foot amateur de la région PACA par exemple ? Quelles approche aviez-vous de la relation pros-amateurs ?
Lorsque je suis arrivé en 2002, le club venait de boucler son exercice avec un passif de 32 millions d'euros et perdait en moyenne 40 millions par an. Je concède de ne pas m'être préoccupé de ce qui se passait autour mais quand on va mourir, on y est forcément moins attentif. Mais j'avais noué de bons contacts avec Alain Porcu le président de la ligue Méditerranée.

"Comme s'il suffisait que l'équipe de France remporte la Coupe du monde pour que tout aille bien. C'est faux."

La formation à la française n'est faite depuis trente ans que pour le foot professionnel et ses clubs alors qu'une large majorité de ceux qui en sortent redescendent dans les clubs amateurs. Que comptez-vous faire pour changer ça ?
Les enjeux sont assez simples quand vous voyez que sur 450 joueurs formés par an seulement 75 passent pros. Les autres restent sur le carreau. Notre système de formation doit donc donner une éducation sportive certes mais aussi civique et morale aux jeunes pensionnaires. Il faut regarder ça sans tabou et se demander par exemple à quoi peut bien servir le bac à un jeune qui s'oriente vers une carrière de footballeur. Tout le monde fait une fixation sur l'obtention du bac aujourd'hui dans les centres de formation. OK mais pour quoi faire au final ? A quoi va servir le bac à un joueur qui aura fait carrière et qui se retrouve sur le marché du travail dix ans après ou un autre qui n'aura jamais été pro et qui naviguera dans des clubs de National ou de CFA ? Il faut absolument changer les modules de cette formation pour qu'elle profite à tous et pas seulement à ceux, les moins nombreux, qui réussissent à sortir par le haut. C'est une évidence. Formons des footeux et en même temps des éducateurs, des préparateurs physiques, des entraîneurs... qui pourront ensuite aider s'investir dans les clubs amateurs.

A-t-on raison en considérant que la crise que traverse le football est principalement due au mauvais exemple qu'en donne son élite professionnelle ?
Oui, parce que le football doit être exemplaire à tous ses niveaux. Là encore je parle en connaissance de cause lorsque je regarde les chiffres et que je vois que deux mères sur trois refusent d'inscrire leur enfant au foot parce qu'elle a peur du climat de violence qu'il y a sur et autour des terrains. L'atmosphère est souvent malsaine dans l'entourage des équipes de jeunes. Demandons-nous pourquoi et agissons pour que ça change.

On a l'impression avec les dirigeants en place que tous les maux du football français sont nés en Afrique du Sud, que tout vient de là. Est-ce aussi simple ?
Nous sommes sur ce schéma infernal qui cherche l'homme providentiel, un Deschamps, un Blanc, un Zidane... Comme s'il suffisait que l'équipe de France remporte la Coupe du monde pour que tout aille bien. C'est faux. Il est indispensable de mettre de bons entraîneurs à la tête des Bleus, nécessaire d'avoir de bons résultats, mais ce n'est pas suffisant, évidemment. Si je suis candidat à la présidence de la FFF c'est parce que je suis persuadé que la solution passe par une vision d'ensemble de la situation. C'est tous ensemble qu'on y arrivera. Il faut que les amateurs trouvent leur intérêt dans les bons résultats des pros et les pros aient conscience que sans les amateurs ils ne sont rien.

Propos recueillis par J.C.
* Pour le moment, Christophe Bouchet est avec François Ponthieu, ancien président de la DNCG, le seul candidat à la succession de Noël Le Graët, ce dernier n'ayant pas encore fait acte de candidature.

Christophe BOUCHET : "Pourquoi je veux être président de la FFF..."
CHRISTOPHE BOUCHET
50 ans
Parcours
Journaliste : AFP (1984-95), Le Nouvel Observateur (1995-2002)
Dirigeant : OM, président (2002-2004), Sportfive, directeur général (2007-2011), FC Tours, vice-président (janvier 2009-novembre 2011), district Indre et Loire (depuis 2011)
Politique : candidat centriste aux dernières élections législatives.


Samedi 13 Octobre 2012

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